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Axes

Axe 1 : L'organisation, l’informatisation et l'évaluation des soins et des services

Responsables : Jean-Paul Fortin et Richard Fleet

Adoptant une perspective systémique et tenant compte des orientations stratégiques du MSSS sur le déploiement de son réseau de santé et de services sociaux, la programmation de ce premier axe transversal s’intéresse à l’organisation des soins et des services comme un déterminant de la santé, l’informatisation comme un défi lié à la transformation des pratiques et des services plus qu’un défi technologique, et à l’évaluation comme une stratégie pour reconnaître et utiliser les résultats et effets des interventions et les modes d’organisation, mais surtout pour identifier les facteurs qui les influencent. La programmation scientifique cible les interventions innovantes en première ligne qui contribuent aux objectifs d’amélioration du bien-être et de la santé. Elle s’intéresse donc aux transformations en cours nécessaires pour améliorer les pratiques (cliniques ou organisationnelles comme la mise en place de pratiques cliniques préventives ou le déploiement du dossier médical électronique) et à l’organisation des soins et des services comme le déploiement des groupes de médecine de famille, l’accès aux soins et services en régions rurales et éloignées, les trajectoires de services pour les maladies chroniques, les problèmes complexes ou les maladies rares. Une attention particulière est ainsi portée aux acteurs, enjeux et stratégies mis en cause dans des « projets terrain » porteurs d’innovation, de changement et d’adaptation dans leurs différents stades d’émergence, d’implantation, d’intégration et de diffusion. Sur le plan méthodologique, cet axe adopte une vaste gamme de types de recherches et d’évaluations majoritairement à finalités développementales et formatives dont des études de cas, des approches pluralistes, participatives et compréhensives, appuyées principalement par des méthodes mixtes auxquelles s’ajoutent de multiples stratégies pour influencer les décisions et assurer la traduction des connaissances et des enseignements dans l’action.

 

 

Axe 2 : Le transfert des connaissances

Responsables : Nathalie Brière et France Légaré

Le transfert des connaissances et leur appropriation par les cliniciens représentent à la fois une clé et un défi pour la transformation des soins et services en première ligne. Une meilleure compréhension de l’écart entre les connaissances, la pratique, le développement d’interventions efficaces et leur mise en œuvre est essentielle pour atteindre de meilleurs résultats de santé pour la population. Cet écart observé entre les connaissances factuelles ou données probantes et les pratiques a conduit à l’émergence de la recherche sur le transfert des connaissances dans de nombreux secteurs des soins de santé et services sociaux. Ainsi, cet axe transversal de la programmation se définit comme l’étude scientifique des interventions favorisant l’application/l’utilisation par les usagers-patients, les professionnels, les gestionnaires et les décideurs des connaissances issues de la recherche. Afin d’optimiser le transfert des connaissances générées par la recherche scientifique aux milieux de pratique de première ligne dans un cadre intégrateur, les recherches visent à déterminer les approches efficaces pour synthétiser et produire des connaissances en partenariat avec les utilisateurs (knowledge users) et de manière appropriée au contexte dans lequel ils évoluent (ruralité, populations vulnérables, etc.); identifier, développer, adapter et évaluer des outils de connaissances et de transfert des connaissances afin de combler les lacunes au niveau de la pratique; implanter-évaluer des interventions sur le transfert des connaissances pour assurer la diffusion et la mise en œuvre d’outils de connaissances dans les environnements cliniques et enfin, en assurer leur déploiement à grande échelle.

Axe 3 : La collaboration interprofessionnelle

Responsables : Serge Dumont et Emmanuelle Careau

La collaboration interprofessionnelle centrée sur la personne et ses proches s’est imposée progressivement comme une approche incontournable de prestation des soins et des services dans les systèmes de santé et de services sociaux. Elle est reconnue comme étant la pierre angulaire des processus de transformation et de développement de la culture organisationnelle. Elle se définit comme un processus par lequel les professionnels réfléchissent et développent des modalités de pratique qui permettent de répondre de façon cohérente et intégrée aux besoins des individus, de leur famille et de leur communauté. Déjà reconnu comme un créneau d’expertise au CSSS de la Vieille-Capitale-CAU et à l’Université Laval, cet axe transversal de la programmation de recherche du CERSSPL-UL regroupe les travaux portant sur des pratiques exemplaires en matière de pratique collaborative intégrée et les modèles organisationnels performants dans les différents secteurs d’activités de la première ligne. Ces recherches incluent les études réalisées dans le but d’identifier et de valider des indicateurs aptes à mesurer la portée des stratégies de développement pédagogique ainsi que des stratégies déployées en milieu clinique pour y soutenir l’implantation des pratiques de collaboration.

Domaines

Domaine 1 : Le vieillissement en santé

Responsables : Éric Gagnon et André Tourigny

Prenant appui sur le modèle du Vieillissement en santé proposé par l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ, 2013Ce lien ouvre une nouvelle fenêtre), la thématique du vieillissement en santé a été élaborée par une équipe interdisciplinaire et intersectorielle qui regroupe les forces vives de la recherche sur le vieillissement à l’Université Laval. Orientée vers les pratiques de première ligne (organisationnelles et cliniques), la programmation s’intéresse aux principaux déterminants du vieillissement en santé et de la qualité de vie des personnes âgées. Elle se décline en trois thèmes : la prévention et le maintien de la santé, le soutien à domicile, les services et les soins en hébergement.

Ces thèmes permettent notamment d’aborder la question de l’utilisation des soins et des services de première ligne par les personnes âgées, depuis le moment où elles sont autonomes et utilisent des soins et services curatifs et préventifs, jusqu’à la perte d’autonomie en fin de vie. Du point de vue de la recherche, les services et soins ont un impact sur le maintien de la qualité de vie. Celle-ci est favorisée notamment par l’adéquation de l’intensité de l’intervention au regard des besoins découlant du processus de perte d’autonomie, de la question de l’équité et de la dignité dans l’expérience de soins, ainsi que du lien de confiance et de la sécurité, depuis le moment où les personnes sont autonomes (les services préventifs) jusqu’au moment où elles sont entièrement dépendantes du réseau de soins et services.

 

 

Domaine 2 : Les soins palliatifs à domicile et en centre d'hébergement

Responsables : Serge Dumont et Bruno Gagnon

Les travaux de recherche réalisés dans le domaine des soins palliatifs à domicile et en centre d'hébergement sont fortement interreliés avec les travaux réalisés dans le domaine du vieillissement. À cet égard, plusieurs chercheurs combinent la double expertise, et le degré d’interconnexion entre les différentes initiatives est élevé. La qualité et la continuité des soins et un accès équitable à ceux-ci tout au long de la trajectoire de maladie terminale constituent les principaux enjeux cliniques, mais aussi scientifiques. Cette thématique est abordée sous quatre dimensions, soient l’amélioration et la continuité des soins à domicile et en centre d'hébergement, le soutien aux proches et aux familles, l’éthique et le bénévolat.

L’amélioration et la continuité des soins concernent des pratiques visant à assurer un meilleur suivi du contrôle des symptômes (délirium, cachexie, dépression, trouble du sommeil) qui compromettent la qualité de vie des malades et le maintien dans leur milieu de vie, ce qui inclut le développement et la validation d’outils de dépistage et de prise de décision. Ce volet s’intéresse également à l’accessibilité des soins palliatifs dans les communautés rurales et isolées, dont celles du Nord-du-Québec. Par ailleurs, les proches sont souvent perçus comme des partenaires de l’équipe de soins, alors qu’ils sont aussi des personnes dans le besoin. Nos travaux confirment les conclusions récentes de la communauté scientifique à savoir que les proches aidants présentent une condition psychologique souvent moins bonne que celle des malades dont ils prennent soin et qu’ils doivent faire l’objet d’une attention particulière de la part de l’équipe de soins. Fort d’une expertise bien reconnue dans le dépistage des proches aidants à risque, incluant les frères et sœurs d’enfants souffrant d’une maladie à issue fatale, des stratégies novatrices d’intervention sont en développement et leur efficacité sera vérifiée. Les enjeux éthiques sont nombreux chez les malades en fin de vie, notamment sur les questions relatives au consentement aux soins, au respect de l’autonomie du patient et à la prise de décision en contexte de collaboration interprofessionnelle centrée sur la personne. De plus, l’avènement de l’aide médicale à mourir introduira au Québec de nouveaux défis pour les cliniciens. L’appui de la recherche scientifique au développement des pratiques est incontournable et mobilise déjà nos chercheurs du domaine. Enfin, le bénévolat s’inscrit dans l’accompagnement des malades en fin de vie et de leurs proches depuis le début du mouvement des soins palliatifs et les bénévoles sont reconnus à part entière au sein des équipes des soins tant à domicile qu’en milieu d’hébergement. À cet égard, les déterminants de leur implication et l’arrimage de celle-ci avec les soins formels font l’objet de recherches.

Domaine 3 : Les saines habitudes de vie et les maladies chroniques sociétales

Responsables : Caroline Rhéaume et Sophie Desroches

Au cours des deux dernières décennies, on observe une nette augmentation de la prévalence de l’obésité et du fardeau associé aux maladies chroniques dites « sociétales ». Leur étiologie repose principalement sur des causes modifiables comme les habitudes alimentaires, le tabagisme, la sédentarité, l’hypertension artérielle (HTA), l’hyperglycémie. La nécessité de promouvoir l’adoption des saines habitudes de vie fait consensus et de façon intéressante, cette priorité de santé publique mobilise depuis quelques années des acteurs provenant des domaines de l’éducation, des transports, des sports et loisirs, de l’architecture et du design urbain, des municipalités et des milieux communautaires et sociaux. De telles collaborations permettent d’introduire des approches cliniques innovantes fondées sur la collaboration interprofessionnelle et intersectorielle pour créer des environnements favorables à l’adoption de saines habitudes de vie tout en ayant un souci de réduction des inégalités sociales de santé.

Domaine 4 : Les soins et les services de première ligne en santé mentale

Responsables : Michèle Clément et Michel Maziade

La programmation de recherche dans le domaine de la santé mentale s’inscrit dans les grands défis qui interpellent actuellement l’organisation des soins et services de santé mentale en première ligne au Québec et qui ont été identifiés dans deux documents d’orientation du MSSS. Parmi les défis soulevés, trois retiennent plus particulièrement l’attention des chercheurs, soit le dépistage précoce de la maladie mentale chez les adolescents, notamment la schizophrénie, la maladie bipolaire et la dépression majeure récurrente; l’intervention et l’organisation des services en première ligne en ce qui a trait à leur intégration dans la communauté; et enfin, l’inclusion sociale, dont la participation citoyenne.

Ces trois thèmes interpellent différentes étapes d’un continuum allant des premières manifestations d’un problème de santé mentale jusqu’aux effets recherchés par son traitement et son accompagnement par le système de soins qu’il soit communautaire ou public. Ces thèmes reposent sur l’importance d’identifier précocement les problèmes de santé mentale pour éviter qu’ils ne s’aggravent et sur l’efficacité des stratégies (programmes et politiques) à mettre en œuvre pour harmoniser et optimiser la trajectoire de soins afin que l’on considère l’individu dans sa globalité. Ceci nous renvoie à son rétablissement, à son insertion dans son milieu social et à l’exercice de sa pleine citoyenneté. La collaboration interprofessionnelle, la prise de décision partagée et l’intégration/continuité des soins entre la première ligne et l’expertise des deuxième et troisième lignes sont à cet égard des enjeux incontournables. Ceux-ci seront adressés par une équipe de chercheurs déjà engagés dans une initiative majeure, regroupant sous un consortium régional, des cliniciens, des chercheurs et des décideurs des établissements de première et deuxième lignes sous l’égide de l’Agence de la santé et des services sociaux de la Capitale-Nationale et du RUIS-UL. Ce consortium s’est donné le mandat de développer et d’évaluer les meilleures pratiques en matière de prise en charge dans un contexte de médecine personnalisée. Il s’agit de la plus importante initiative de recherche transformationnelle en santé mentale qu’ait connue le Québec à ce jour. Enfin, le regroupement des expertises en recherche en géronto-gériatrie et en santé mentale au sein du CERSSPL-UL ouvre la voie au développement de la recherche clinique dans le domaine de la psychogériatrie, un secteur de recherche particulièrement sous-investi jusqu’à maintenant au Québec.

Domaine 5 : La santé au travail

Responsables : Caroline Biron et Michel Vézina

La prévention de l’apparition ou de l’aggravation des problèmes de santé chez les travailleurs interpelle de façon très particulière les soins et les services de première ligne qui sont, à l’exception des traumatismes majeurs, le premier point de contact du travailleur souffrant d’une lésion ou d’une maladie professionnelle (déclarée ou non) avec le réseau de la santé. L’Équipe de recherche sur les interrelations personnelles, organisationnelles et sociales du travail (RIPOST) du CSSS de la Vieille-Capitale-CAU intégrée au CERSSPL-UL cumule déjà plus de 20 ans de recherches dans le domaine de la santé au travail. L’originalité et la pertinence de ses travaux, reconnus tant nationalement et qu’internationalement, reposent sur la convergence réussie et fructueuse des disciplines que sont l’épidémiologie, l’ergonomie et la sociologie du travail incluant un nouveau champ en émergence, le professionnalisme. Les travaux des chercheurs visent à mieux comprendre l’expérience des individus au travail par l’étude des facteurs sociaux, organisationnels, collectifs et individuels qui interagissent pour favoriser leur maintien en emploi dans un état d’équilibre bénéfique pour le travailleur et son organisation. L’expertise ainsi développée se reflète à la fois dans le regard posé sur les problèmes étudiés, les méthodes retenues et le développement d’outils de prévention et de promotion de la santé des travailleurs. Dans cette perspective, des travaux sont en cours autour de la formation des médecins de famille dans le but de les habiliter à identifier des situations de travail spécifiques pouvant être à l’origine des problèmes de santé des personnes qui les consultent. Le projet s’inscrit dans une initiative plus vaste qui vise à évaluer la capacité des intervenants de première ligne de l’équipe de santé au travail du CSSS de la Vieille-Capitale-CAU et éventuellement des groupes de médecins de famille (GMF) à intervenir en mode prévention. Enfin, les travailleurs et professionnels œuvrant dans le réseau des soins et services de la première ligne sont retenus comme objet d’étude. L’équipe RIPOST s’est ainsi naturellement insérée dans un vaste laboratoire qu’est le CSSS de la Vieille-Capitale-CAU comme environnement de travail (4000 employés), où s’actualisent des études sur les facteurs influençant la fidélité/rétention des travailleurs de la santé et des services sociaux, leur sécurité et les déterminants de leur qualité de vie au travail.

Domaine 6 : L'enfance, la jeunesse et la famille

La famille et le développement de l’enfant incluant l’adolescence représentent, du point de vue de la recherche en santé et en services sociaux en première ligne, un secteur en émergence. Dans le contexte de l’animation scientifique qui s’est amorcée au cours des derniers mois en vue de la création du CERSSPL-UL, des chercheurs des sciences sociales et des sciences de la santé se sont regroupés afin d’élaborer une première programmation de recherche commune. S’appuyant sur leurs expertises combinées, la programmation s’élabore autour des cinq objectifs suivants : 1) Produire un état des connaissances, des pratiques et des interventions actuelles 2) Accroître les connaissances quant aux caractéristiques et aux besoins des clientèles ciblées (jeunes et enfants : déficience ou trouble du développement, victimes de maltraitance ou de négligence / familles : recompositions familiales à risque, dynamiques coercitives, maltraitance, parents souffrant de problèmes de santé mentale) 3) Contribuer au développement de pratiques exemplaires notamment au regard de la promotion,  de la prévention, du dépistage et de l’intervention précoce 4) Optimiser le transfert et l’application des connaissances en milieux cliniques et communautaires et 5) Évaluer, en collaboration avec les milieux cliniques et communautaires, l’implantation de stratégies liées à  l’optimisation des pratiques collaboratives interprofessionnelles et interorganisationnelles pour les enfants, les jeunes et les familles.

 

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